Le « livre » du jour : Devil nights par El Stormo

Verdict : bien

Lorsque j’évoquais les fan-fictions cet été, je disais ne pas croire que je pourrais apprécier de fan-fiction dérivée d’une œuvre que j’apprécie réellement. Devil nights est la preuve que j’avais tort d’être aussi affirmatif. Car il s’agit d’une fan-fiction, une que j’apprécie, sans aller jusqu’à l’adorer, et qui est tirée d’une œuvre que je fais plus qu’apprécier, puisqu’il s’agit du jeu-vidéo dont je parlais hier : Shadowrun Hong Kong.

Une grosse différence est que l’œuvre de départ est un jeu vidéo, lui même tiré d’un jeu de rôle dont l’intérêt est précisément d’être utilisé par des créateurs amateurs pour inventer leurs propres histoires, et que l’œuvre qui en est tirée est un texte, d’une nature fort différente donc. La définition même de fan-fiction dans ce genre de cadre devient plus difficile puisque contrairement à un film ou un roman, créer une fan-fiction est quasiment la norme attendue. Ceci dit, une fan-fiction sans originalité se contenterait de reprendre l’histoire du jeu, et nous en proposer une version, c’est ce que fait le roman officiel tiré du jeu après tout.

Et c’est la toute l’intelligence de Devil Nights qui bâtit une histoire complète et cohérente en prenant des morceaux tirés ici et là du jeu vidéo et en les liant. Pendant au moins la première moitié de l’histoire on en réalise même pas vraiment à quel point on est proche de l’intrigue du jeu vidéo. On s’aperçoit, certes, qu’on est sur une histoire un peu liée à celle-ci, et il faut du temps pour voir que ce n’est pas « un peu » mais « très » et qu’on se glisse dans les interstice de la première histoire pour en inventer une seconde, crédible mais totalement invisible du point de vue des protagonistes de la première, c’est à dire nous en tant que joueur.

Devil Nights nous raconte les conséquences (graves) des actions des protagonistes d’une histoire sur la vie de quelqu’un qui est vue comme une simple antagoniste mineure, un obstacle écarté d’un revers de main, mais qui est, comme chacun d’entre nous, l’héroïne de sa propre histoire.

C’est donc une fan-fiction originale qui réussi, chose rare, à enrichir l’univers dont elle est tirée.

Alors bien sûr ça reste un travail d’amateur, et malheureusement il y a beaucoup de défauts. A quelques passages brillants, et une thématique générale très bien trouvée, s’opposent de nombreuses fautes d’écriture, et je ne parle pas de grammaire ou d’orthographe : on passe d’une première moitié très sombre, dans laquelle on voit une équipe de shadowrunners sympathiques se faire éliminer avec une efficacité qui laisse froid dans le dos, à une deuxième moitié qui ne sait pas se trouver entre encore plus de noirceur et des morceaux de grosse comédie façon les charlots jouent au jeu de rôle.

Cela traduit assez bien les séances de jeu de rôle qui se veulent écrites comme du Wagner et finissent en du Kaamelott, mais dans un roman on s’en passerait bien et on aimerait un ton plus équilibré.

Un peu de cohérence, si une équipe de shadowrunners se fait exterminer parce qu’ils se comportent en amateur, quand on rencontre des pros, ils ne devraient pas traiter la mission par dessus la jambe et s’en sortir en bricolant et au baratin.

D’autant que nous assurer qu’un personnage est un bon baratineur, mais démontrer systématiquement le contraire chaque fois qu’il ouvre la bouche et ne lui offrir que des succès « hors champs », ce n’est pas crédible.

De même les références à ce qui sont de toute évidence les différents personnages créés par l’auteur pour les différents jeux de la série, c’est une erreur typique d’écrivain de fan-fiction et ça n’a pas sa place ici, même pour humaniser un personnage.

Bref, pour être plus qu’une bonne fan-fiction et devenir une bonne histoire, il faudrait une grosse révision de l’ensemble et que certains passages soient complètement modifiés. Le thème même veut que, de toute façon, on apprécie mieux cette histoire après avoir joué au jeu. Ça en fait malgré tout une des meilleures fan-fiction que j’ai lu, et c’est déjà pas si mal.

Pour aller plus loin :

J’ai déjà parlé Lundi du jeu de rôle, à l’origine de tout, Mardi des romans et hier des jeux vidéos qui ont inspiré cette fan-fiction.

Demain je pense que je parlerai enfin de Shadowrun France, suppléments de contexte au jeu de rôle, et bon motif pour identifier tout ce qui ne va pas avec Shadowrun, car tout n’est pas parfait, loin de là.

Le jeu du jour (et le livre) : Shadowrun Hong Kong par Harebrained Schemes

Verdict : coup de cœur

En 1989 sortait Shadowrun, le jeu de rôle, suivi par pas mal de produits dérivés, des romans, mais aussi un jeu vidéo sur SNES, en 1993. Avec la quasi disparition du jeu de rôle comme loisir, c’est sans doute ce jeu vidéo qui a laissé la plus grande marque dans la culture populaire, même si le jeu de rôle lui-même a continué de survivre doucement, édition après édition. C’est sans doute grâce à ce jeu que Microsoft acquis la licence Shadowrun et que paru en 2007 un FPS nommé, lui aussi, Shadowrun. Son succès relatif inspira Jordan Weisman, créateur initial de Shadowrun, qui réussit à acquérir (temporairement il semble) les droits et lança en 2012 un financement participatif sur Kickstarter pour un jeu de rôle sur ordinateur nommé Shadowrun Returns.

La campagne sur Kickstarter fut un succès et le jeu sort un an plus tard, suivi en 2014 et 2015, respectivement, par Shadowrun: Dragonfall, et Shadowrun Hong Kong, deux « extensions » qui sont en fait des campagnes indépendantes, construites avec le même moteur, amélioré au fur et à mesure, et qui sont finalement toutes deux largement supérieures à Shadowrun Returns. Ce qui est un peu dommage car le premier jeu est celui qui a bénéficié le plus du bouche à oreille et de la nostalgie, et d’une traduction dans plusieurs langues et sans être mauvais, loin de là, il est un peu décevant et la série aurait sans doute bénéficié de bien plus de succès si Dragonfall était sorti le premier. Ou Hong Kong d’ailleurs, mais Dragonfall est celui qui est sûrement le plus accessible au grand public, Hong Kong comportant énormément de dialogues et relativement moins d’action.

Pour ma part c’est effectivement la nostalgie, et un prix réduit, qui m’ont mené à tester Shadowrun Returns, que j’ai vraiment aimé, en ayant toutefois conscience que son potentiel était un peu gâché par une première campagne (nommé Dead man’s switch) un peu bâclée. C’est pourquoi j’ai insisté avec Dragonfall et que je suis tombé amoureux du jeu. Coup de cœur renouvelé avec Hong Kong, un peu moins bon dans son équilibre entre action et dialogue, mais avec encore plus de personnages intéressants et toujours une intrigue générale super sympa.

Si j’ai choisi de critiquer en particulier le troisième volet, c’est que j’ai tenté de lire récemment un roman adapté de ce jeu, lui aussi nommé Shadowrun Hong Kong, qui s’est révélé assez décevant, mais j’en parlerai plus loin.

Les trois jeux sont bâtis sur le même moteur et offrent de toute façon des mécanismes similaires. Un point important et qui peut être décevant, est qu’il ne s’agit jamais d’un monde ouvert, dans aucun des trois, même si le moteur le permet, théoriquement. Même si c’est là un choix difficile pour un jeu de rôle, il y a une certaine logique puisqu’un « shadowrun » est une mission spécifique, un assaut sous une forme ou une autre, d’une corporation, à la demande d’un client. Sans mission, l’intérêt de pouvoir visiter les différents bâtiments, bureaux et hangars de corporations, est très faible. Les clients recrutant le joueur essentiellement en passant par un intermédiaire, qui communique avec le personnage joueur de façon électronique, il n’y a aucune raison d’avoir un gros monde ouvert. Sauf le plaisir de visiter un tel monde, bien sûr, mais il y a de grosses contraintes budgétaires.

Bref, chacune des trois campagnes est une suite de missions, plus ou moins connectées à une intrigue centrale. Le fait de pouvoir se concentrer sur cette intrigue centrale et ces missions bien définies permet une économie de ressources et une façon de raconter l’histoire bien plus directe, ce qui amène à des intrigues bien mieux construites que si il s’agissait d’un monde ouvert. Celle de la première campagne est plutôt bonne, les deux suivantes sont vraiment excellentes.

Le joueur est accompagné dans ces missions par une petite équipe de shadowrunners, dans Dragonfall et Hong Kong il s’agit d’une équipe plus ou moins fixe, avec des personnages charismatiques ayant chacun leur personnalité, leur histoire, et des missions secondaires qui dépendent des rapports que l’on peut entretenir avec eux. Entre chaque mission il y a moyen d’aller discuter un peu avec eux, histoire de découvrir un peu tout ça. Leur personnalité s’affirme aussi lors de certaines missions, lorsque l’équipe se trouve confrontée à des situations particulièrement difficiles, éthiquement, et aussi à travers leurs capacités spéciales, débloquées avec l’expérience.

C’est à mon avis dans ce dernier volet qu’on rencontre le plus de personnages intéressant, particulièrement un psychopathe, conscient de l’être et sans pulsion sadique qui est interprété bien loin des stéréotypes.

Shadowrun Hong Kong fait aussi appel aux légendes locales et à une magie typiquement chinoise et l’introduit donc d’une façon graduelle et bien maîtrisée qui permet de se familiariser avec les concepts qui seront importants à la fin de la campagne. Preuve supplémentaire de la qualité et de l’expérience des scénaristes.

Le plus gros défaut au niveau de l’histoire est la fin de la mini extension à Hong Kong qui force le joueur à faire un choix là où un compromis devrait être possible, tout ça pour obtenir plusieurs fins différentes mais aucune « bonne » fin. C’est artificiel et idiot. La mini extension vaut le coup malgré ça donc je la recommande quand même.

Niveau mécanismes de jeu on a un jeu de rôle tactique, au tour par tour, généralement correcte, avec des arbres de dialogues assez développés. Il y a généralement plusieurs solutions pour chaque obstacle et la violence peut être réduite, même si ça reste orienté baston. Les divers archétypes sont jouables, mais beaucoup correspondent surtout à différentes façons d’infliger des dommages. Si l’on reprend les archétypes de base du jeu de rôle, on reste majoritairement sur du guerrier, déguisé ou non. Certaines missions laissent quand même la porte ouverte à des résolutions pacifiques, par dialogue ou par talent, même si le côté infiltration est bien trop léger.

Le parent pauvre des mécanismes est tout ce qui tourne autour des deckers (hackers) et de la matrice. Malgré de gros changements dans Hong Kong ça reste plutôt mal exploité, avec des mini jeux pour simuler les hacks qui sont sympas les trois premières fois et assez vite lourds. D’autant que contrairement au principe du jeu de rôle ils font appel aux capacités du joueur et non celles du personnage.

Ces quelques défauts s’expliquent cependant par la taille de l’équipe et le budget limité, ils n’empêchent pas que j’ai vraiment accroché à Dragonfall et Hong Kong comme je n’avais pas accroché à un jeu vidéo depuis des années. Je regrette d’avoir raté les campagnes de financement et de ne pas avoir eu l’opportunité de contribuer à ces petites merveilles. Je rêve d’un jeu basé sur ces fondements et qui irait plus loin : plus long, avec de meilleurs mécanismes pour les deckers, la magie et l’infiltration, et encore plus d’interaction possible avec les compagnons.

Ce sont ces deux jeux qui ont réveillé mon intérêt pour l’univers de Shadowrun, bien au delà de celui que je pouvais avoir dans les années 90, pour le cyberpunk en général et m’ont redonné confiance dans les jeu de rôles pour ordinateur modernes, alors que je croyais le genre disparu avec Fallout.

Rejouant régulièrement à ces jeux, je n’hésite pas non plus à tenter les produits dérivés. Y compris le roman tiré du jeu et intitulé Shadowrun Hong Kong, par Mel Odom. Roman dont la lecture a provoqué cette semaine de critiques consacrées à Shadowrun, mais qui se révèle lui-même assez mauvais. Trop fidèle au jeu, le roman reprend non seulement son intrigue, mais se lit plus comme un « let’s play », tout ce qui est décrit, jusqu’aux dialogues, est directement tiré du jeu, représentant seulement les choix que l’auteur semble avoir fait en jouant le jeu, sans qu’il n’apporte rien lui-même. Au contraire il retire même des éléments importants pour simplifier, mais nous laisse avec un roman dont la structure un peu répétitive est celle d’un jeu, forcément, donc non adapté à un médium non interactif comme un livre. J’en ai lu un gros tiers avant de laisser tomber car même si le style n’est pas désagréable ce roman n’apporte absolument rien à qui a joué au jeu.

Pour aller plus loin :

J’ai déjà parlé Lundi du jeu de rôle, à l’origine de tout, et Mardi des romans.

Shadowrun returns se voulait à la base comme un moteur de jeu, utilisable facilement (hum) pour construire ses propres scénarios et campagnes, Dead man’s switch n’étant qu’un exemple. Le développement de scénario s’est révélé bien trop compliqué pour la plupart des volontaires, mais il existe tout de même quelques excellents mods. Je recommande en particulier the Caldecott Caper, mais ce n’est pas la seule bonne campagne, et tout ceux qui ont réussi à produire ne serait-ce qu’un seul scénario l’ont fait au prix de beaucoup de larmes et de sueur.

Shadowrun returns et ses deux suites ont contribué au retour des jeux de rôle sur ordinateur et d’autres ont l’air pas mal non plus.

Le livre du jour : Métamorphose par Christopher Kubasik

Verdict : assez bien

Suite à la création de l’univers de Shadowrun, et du succès du jeu de rôle, un certain nombre de romans sont commissionnés comme produits dérivés, histoire de traire un peu plus les fans. C’est beau le capitalisme, même pour un jeu profondément anticapitaliste, où les joueurs sont invités à s’incarner dans des punks qui détruisent le système, on ne peut pas s’empêcher de tenter de faire du fric en jouant sur les licences, quitte à proposer des produits de qualités parfois très douteuses.

La couverture est particulièrement moche

Paru en anglais en 1992, il est très vite traduit par Fleuve Noir, qui profite également du succès des jeux de rôles avec plusieurs séries : Royaumes oubliés, Dragonlance et Shadowrun notamment. J’ai un peu honte de dire que pendant quelques années ces séries furent une part sinon majoritaire, du moins notable de mes lectures. Non pas qu’il y ait un problème à lire ce genre de livres, mais sans doute est-ce mieux de garder un peu de variété. En tout cas si j’avais initialement lu Métamorphose uniquement parce qu’il faisait parti de la série et que je lisais tout, il fait maintenant parti d’une liste bien plus restreinte de romans issus de ces séries que j’ai relu plus récemment, pour diverses raisons.

La raison ici est qu’il est à mon avis parmi les meilleurs de cette série, sinon le meilleur, même si il n’a pas forcément le même aspect « cool » que peuvent avoir d’autres. En effet j’ai relu juste avant la trilogie des Secrets du pouvoir, qui possède sans doute des personnages bien plus alléchants, mais que j’ai trouvée mal écrite et décevante.

Métamorphose nous parle de la gobelinisation, c’est à dire la transformation, due au réveil de la magie, de certains adolescents en orques ou en trolls, c’est à dire des créatures humanoïdes moches, stupides et victimes de pas mal de racisme dans le monde de Shadowrun.

Il y a une métaphore évidente entre ces deux espèces et, au choix, les noirs, homosexuels et autres minorités victimes de discrimination aux États-Unis et ailleurs et le roman tourne largement autour de ça. Ce n’est pas très original, mais c’est un thème quasi imposé pour le cyberpunk, et c’est une bonne chose qu’il soit traité, et d’une façon assez intéressante, et surtout pleine de bons sentiments.

Malheureusement, il y a des limites à cette métaphore, limites qui deviennent bien visibles ici dès qu’on y réfléchit un peu. La métaphore qui compare les noirs à des créatures physiquement plus puissantes mais intellectuellement plus limitées … il y a que moi que ça gène ?

Et puis, c’est bien beau le discours sur l’acceptation de soi, mais être un orque ou un troll n’est pas subjectivement une mauvaise chose, seulement parce que ces races ne seraient pas appréciées, non c’est objectivement que ça craint. Peter, le héros, est un véritable génie, et même transformé en troll il est plus intelligent que la plupart des gens, mais sa chute de QI n’en est que plus douloureuse et irréfutable.

Le fait qu’il choisisse, au nom de l’acceptation de soi, de détruire une cure à la gobelinisation à la fin du roman, tout ça parce que lui se sent désormais bien dans sa peau, est une décision égoïste et particulièrement stupide. Elle vient gâcher un peu la fin d’un roman qui est pourtant très sympa et entraînant.

On prend quand même un grand plaisir à la remontée de Peter, intellectuellement et socialement, après qu’il ait touché le fond suite à sa métamorphose, et certaines scènes d’action sont assez cools.

Il est peut être difficile de lire ce roman sans rien connaître à l’univers de Shadowrun, même si je trouve que l’exposition est bien intégrée, et qu’il s’agit sans doute d’un des meilleurs à ce niveau, ça doit donc être faisable. Dans le cas extrême de quelqu’un qui ne connaîtrait rien ni au médiéval-fantastique, ni au cyberpunk, ce ne serait quand même pas un roman que je recommanderais, pas tout de suite.

Pour aller plus loin :

J’ai déjà présenté Shadowrun, le jeu de rôle et l’univers, hier. J’avais également parlé d’un roman de la collection, plutôt une anthologie de nouvelles, que j’avais lue il y a plus d’un an, bon j’y répète un peu la même chose.

Christopher Kubasik a publié d’autres romans, surtout dans des univers de FASA Corporation.

La même stupidité de renoncer à une cure, voir essayer de la détruire, pour quelque chose d’objectivement négatif apparaît également dans un film des X-men.

Le livre et le jeu du jour : Shadowrun, seconde édition par FASA Corporation

Verdict : très bien

Shadowrun est aujourd’hui une grosse franchise qui, si elle est loin de succès comme Pokémon, Zelda, Magic ou même Donjons et Dragons, reste quand même un des plus gros succès du jeu de rôle en terme d’impact culturel puisque non seulement le jeu lui-même a connu plusieurs éditions, depuis la première en 1989, mais il a également été adapté en romans, jeux vidéos, jeux de cartes, jeux de plateaux et même film.

Pour ma part c’est peu après 1992 que j’ai connu le jeu, avec sa seconde édition à la couverture particulièrement attirante. La fusion était alors à la mode, et ce mélange exotique de futur cyberpunk, de magie, d’elfes, d’orques et de dragons avait quelque chose de fascinant, même si on pouvait également se dire que c’était du grand n’importe quoi. Entre les sorciers punks, les cyber-samouraïs, les hackers elfes s’infiltrant dans la matrice, c’était quand même le cool qui l’emportait sur le n’importe quoi. Et sans vraiment y jouer beaucoup, j’avais bien accroché à l’univers.

Mais revenons un peu en arrière. Shadowrun, à la base, c’est le bébé de Jordan Weisman, déjà créateur de Battletech, un univers qui mélange Dune et les robots géants façon japanim, ceux qu’on appelle des Mechs ou Mechas. Jordan Weisman est amateur de jeux de rôles, qui sont en plein boum dans les années 80, et également de cyberpunk, un style qui est également en plein boum dans ces années là. Il veut être le premier à sortir un jeu de rôle dans le genre cyberpunk, manque de bol, il se fait coiffer au poteau par Cyberpunk 2020, jeu de rôle dont l’adaptation en jeu vidéo a fait pas mal parler d’elle puisqu’il s’agit du jeu Cyberpunk 2077.

Puisqu’il ne peut plus être le premier, Weisman décide d’être le plus original, et crée donc l’univers de Shadowrun, en mélangeant du cyberpunk très classique (corporations amorales voir immorales qui dominent le monde, matrice, cybernétisations à outrance, visuels néons punks …) à du médiéval fantastique lui aussi tout ce qu’il y a de plus classique (elfes, nains, orques, trolls, dragons, magie …).

L’idée est de parodier les théories hippies et le basculement de l’humanité dans l’ère du verseau, supposée amener un âge de paix, en considérant que cet évènement fait parti d’un cycle régulier qui fait que la magie disparaît puis renaît progressivement, idée elle aussi reprise des hippies qui allaient chercher ce genre de délires chez les aztèques, avec tout l’optimisme des années 2000 c’est la même base qui a donné cette idée de fin du monde en 2012.

Sans parler directement de fin du monde, ce retour de la magie en 2012 (noël 2011 pour être précis), n’est pas forcément une bonne chose … Quand on sait que des entités magiques surpuissantes et qui considèrent l’humanité comme des proies vivent dans une dimension voisine et ne peuvent passer la barrière que grâce à la magie, ça craint même franchement.

Un univers bien sombre dans lequel les personnages joueurs sont des marginaux, survivant dans les bas fonds en effectuant des boulots illégaux pour les corporations qui sont en train de ruiner le monde, alors même que des horreurs indicibles frappent à la porte pour venir ruiner tout ça encore plus vite.

Chaque édition de Shadowrun nous décrit le monde tel qu’il est soixante ans dans le futur. Sortie en 1989, la première édition nous décrit le monde de 2049, la seconde édition (deuxième en réalité) celui de 2052 et puisque la sixième édition est sortie très récemment, en 2020, elle décrit le monde de 2080. Avec internet et les mises à jours permanentes on doit même pouvoir suivre l’actualité en temps réel puisque l’écart reste exactement de soixante ans.

Les créateurs ont fait le choix de ne pas modifier l’histoire du jeu, ce qui pose un double problème : d’une part nous avons rattrapé la chronologie initiale, un des premiers éléments marquant, par exemple, devait être l’explosion de la centrale de Cattenom (eh oui, notre Cattenom !) en 1999 (il me semble), il n’y a donc plus aucune possibilité de faire semblant de croire à Shadowrun comme un futur possible, mais en plus les évolutions technologiques ont rendu caduques quelques concepts, qui ont ainsi été introduits dans l’univers de jeu avec soixante de retard (le wifi par exemple …). Pour ceux qui aiment le jeu avec son esthétique retro-future des années 80, c’est peut être une bonne chose (quoique c’est pas incompatible), pour ceux qui veulent un cyberpunk à la pointe de la technologie et qui essaye de rester crédible c’est plutôt malheureux.

Je m’attarderai sans doute plus ce point demain ou l’un de ces prochains jours car j’ai bien l’intention de présenter plus en détail l’un des suppléments à cette édition que j’ai acquis il n’y a pas longtemps.

Il faut bien le dire, la principale qualité que possédait Shadowrun dans les années 90, c’était sa coolitude. Je n’ai jamais aimé les mécanismes et certains éléments de l’univers de jeu étaient franchement ridicules mais cette fusion était vraiment novatrice et permet d’exploiter le même univers de jeu pour beaucoup de styles et d’ambiances car il est compatible avec énormément de choses : Harry Potter, tout un tas d’histoires de vampires, de fantômes, de loup-garous ou de zombies … Tout s’intègre avec un minimum d’effort. Un ami de l’époque avec même écrit une campagne en intégrant les Gargoyles (il était fan, ne jugeons pas, j’avais ruiné sa campagne d’ailleurs, je m’en veux encore).

Tout était jouable avec des persos particulièrement charismatiques puisqu’ils pouvaient bénéficier de tout ce que le médiéval-fantastique a de cool, mais aussi de tout ce que le futur peut avoir de cool. Il y a même eu des dérives dans les éditions suivantes, avec une multiplication des races, sous-races et autres particularités, chaque joueur voulant son personnage flocon de neige spécial et unique, une dérive qu’on voit aujourd’hui dans d’autres domaines mais on sort, malheureusement, du jeu de rôle.

Pour aller plus loin :

Aller plus loin est bien ce que j’ai l’intention de faire, en parlant un peu cette semaine de tout l’univers Shadowrun, du jeu de rôle au jeu vidéo, en passant par les romans, et au delà même.

Le film du jour : Cartouche par Philippe de Broca

Verdict : passable

Film d’aventure, et de cape et d’épée, de 1962, Cartouche est la première collaboration entre Philippe de Broca, jeune réalisateur, et Jean-Paul Belmondo, jeune acteur. Il se révèle un bon succès, qui mènera à de multiples collaborations et une longue carrière pour l’un comme pour l’autre. Il mènera surtout à la réalisation du film l’Homme de Rio, avec le même duo, film nettement plus intéressant et important selon moi.

C’est surtout parce qu’il précède l’Homme de Rio que je voulais voir ce film, mais aussi par volonté de découvrir, ou redécouvrir, certaines modes historiques. Les films de cape et d’épée en l’occurrence, sous genre du film d’aventure qui a connu un grand succès depuis le début du cinéma jusqu’aux années 70 à peu près où il est devenu plus confidentiel, même si il en sort encore l’un ou l’autre parfois sous la forme d’un « blockbuster ». En 1962 on était donc plutôt sur la fin, mais le genre était encore bien présent, et connaissait toujours du succès. Et puis, c’est l’un des premiers rôles de Jean Rochefort.

Sans doute est-ce lié au genre et à l’époque, mais on est dans ce film bien plus proche d’une pièce de théatre ou d’un spectacle que ce à quoi nous sommes habitués désormais au cinéma. A la fois dans les décors et les effets spéciaux, mais aussi dans le jeu des acteurs, qui sont plutôt des comédiens. En effet, quelque soit le sérieux de l’histoire, il y a un bon fond d’humour presque permanent, agréable sans doute quand on rit, mais qui empêche de prendre quoique ce soit au sérieux.

Il y a une certaine légèreté, une présence constante et perceptible du quatrième mur, à la fois par les spectateurs et les personnages qui est bien différentes des conventions actuelles, ou des conventions de l’époque mais dans un autre genre. On y retrouve ce qui fait la marque de fabrique de Belmondo, son cabotinage, mais il n’est pas le seul ici, l’ensemble des protagonistes prennent les situations dramatiques un peu par dessus la jambe puisqu’après tout, ce n’est qu’une histoire.

Le film, reconnaissons le, bascule vers la fin dans une version moins comique, plus grave, où soudainement la réalité semble le rattraper, en tout cas partiellement, et où Cartouche devient un personnage moins insouciant mais aussi plus ambivalent, plus dur. Ceci se fait, hélas, encore une fois en dépit de la logique. Le film veut aller vers le drame, mais sans devenir plus crédible.

Et puisque qu’il s’agit de conventions, j’imagine que pour les spectateurs de l’époque, pour les habitués du genre, ou tout ceux qui ne se posent pas de question, ça passe sans problème. Mais pour moi non. En conséquence, j’ai vraiment eu du mal. D’autant que peut être que pour l’époque cascades, décors et costumes étaient bons, mais pour moi ils contribuent encore plus aujourd’hui à lever la suspension volontaire d’incrédulité, particulièrement tout ce qui est décor soi disant extérieur mais en réalité tourné en studio, j’y suis assez sensible.

Et le pire est que ça influe sur tout : je trouve que les acteurs surjouent, que l’histoire est une collection de coïncidences, de décisions absurdes et que le tout manque grandement de logique. J’en deviens même incapable d’apprécier les gags visuels du genre que je sais que j’aurais aimé enfant puisque j’ai pu regarder à cette époque (mon enfance, pas les années 60 …) bon nombre de films ou séries équivalents.

Difficile de juger le film trop durement dans ces conditions, mais en tout cas ce n’est pas le genre comédie-aventure tel qu’on le connaît aujourd’hui, mais une version bien plus comique.

Pour aller plus loin :

D’autres en parlent, mieux que moi peut être.

L’homme de Rio suivra donc, et après ça les Tribulations d’un chinois en Chine, que je dois revoir, et d’autres encore.

Le livre du jour : Les compagnons de l’ombre, tome 12 par Jean-Marc Lofficier

Verdict : assez bien

Ce douzième tome de la série des compagnons de l’ombre n’est cette fois pas officiellement consacré à un héros ou une œuvre en particulier, à la place nous avons dix sept nouvelles dans un ordre plus ou moins chronologique et qui, malheureusement, se passent dans leur grande majorité après la première guerre mondiale, et même après la seconde. Et si un « personnage » ressort plus que les autres, c’est peut être le gang criminel des Habits noirs, avec plusieurs de ces nouvelles consacrées à leurs méfaits, et leur trésor.

Raisons sans doute pour lesquelles j’apprécie un peu moins ce tome que d’habitude : nous ne sommes ni dans mes périodes ni dans mes héros de prédilection. La période étant principalement une question de goûts, même si la définition des compagnons de l’ombre les lie plus étroitement avec le tournant du XXe siècle que son milieu, et quand aux personnages c’est surtout une question d’ignorance, les Habits noirs ne m’étant connus, pour le moment, qu par l’entremise de cette série. Tout comme Irma Vep qui intervient elle aussi une bonne paire de fois dans ce tome.

Les larmes de Marguerite par Win Scott Eckert : texte issu d’une série qui court dans différents tomes des Compagnons de l’ombre et qui s’inscrit dans le Wold Newton original, en reprenant le personnage du Mouron rouge, mélangé à d’autres références, ici des vampires. Autant j’avais pu apprécier les premiers textes de la série de façon indépendante, autant celui là, pris seul, est un peu léger. Il faut sans doute se dire qu’on est sur le principe d’un feuilleton et que tous les chapitres ne sont pas aussi bons et qu’il en faut bien qui servent de transition.

Eaux troubles par Patrick Lorin fait s’affronter Rocambole, que je ne connais que de nom, et le capitaine Nemo de Jules Verne. Une histoire courte mais bonne.

Les mains d’acier par Dennis E. Power reprend un autre personnage de Jules Verne avec Passepartout, plusieurs même puisqu’il n’est pas fait référence qu’au Tour du monde en quatre-vingt jours. S’insérant dans les trous du récit, cette nouvelle vise à expliquer ce qui est arrivé à Passepartout tandis qu’il était prisonnier des indiens et accessoirement lier le valet français à d’autres personnages des Compagnons de l’ombre. Le récit obtenu est toutefois un peu trop fantastique pour vraiment coller au roman de Jules Verne qui reste très réaliste.

Le sous-marin « Le Rouge » par Michel Stéphan : même si cette histoire contient finalement peu de références que je ne connais pas, elles sont toutes deux importantes, ce qui me perd un peu. En plus, si je connais le protagoniste de l’histoire de nom, Camille Flammarion, je n’ai pratiquement rien lu de lui, ce qui n’aide pas. Du coup je ne saurais dire si la façon de le faire réagir dans le texte est bonne ou non, mais elle n’est clairement pas ma tasse de thé. En dehors d’un héros avec lequel je n’arrive pas à ressentir d’empathie, le reste est bon, mais l’histoire mériterait d’être plus longue pour mieux fonctionner.

Gel diplomatique par David McDonald est une autre histoire dans laquelle j’ai du mal à comprendre les réactions d’un personnage, ici le roi du peuple des hommes-lézards, qui du coup me paraissent forcées. D’un côté il faut que « les bons » « gagnent », mais de l’autre le statu quo doit être préservé. Ce qui donne comme résultat que les « méchants » obtiennent ce qu’ils veulent alors qu’ils échouent. C’est assez idiot.

Le professeur Peaslee à Paris par Pete Rawlik : une flopée de personnages n’ayant qu’un rapport léger avec l’intrigue principale fait que je me suis un peu perdu dans celle-ci. D’autant que sa logique me laisse dubitatif : pour éviter qu’un objet extrêmement dangereux ne tombe dans de mauvaises mains, on s’arrange pour le donner à un gang maléfique, mais sans leur dire ce que c’est … c’est moi ou c’est prendre un gros risque pour peu que les chefs du gang se montrent un poil curieux ?

Les ailes de la terreur par Nicholas Boving : déjà, il y a des ptérosaures ou quelque chose du genre dedans, donc c’est forcément un gros point positif. Sinon c’est un récit classique d’aventure, avec ce qu’il faut de poncifs, et même certains qu’il ne faudrait pas. C’est sans doute plus agréable à lire en connaissant tous les protagonistes, mais ça le reste même sans les connaître.

Le généreux cambrioleur par John Peel : on entre dans les années 30 avec cette histoire, qui là encore est assez classique, et fonctionnerait sans doute mieux en étant plus longue, et un peu plus travaillée. Le problème est que l’on se doute du rebondissement final très rapidement, et qu’il aurait mieux valu le cacher.

Les jours sombres par Stuart Shiffman : une discussion pleine de sous-entendus qui nécessitent malheureusement d’avoir les bonnes références pour les comprendre. Là j’en suis réduit à me dire que ça a l’air bien, mais que je suis incapable de l’apprécier.

Les cinq dragons par Pete Rawlik est assez proche de l’histoire précédente. Ça se passe en extrême orient au lieu du proche orient, mais sinon …

La pierre de Charlemagne par Joshua Reynolds : Rencontre de deux détectives, dont l’un apparaît comme personnage d’importance dans un autre récit de cette anthologie, mais je ne le connais absolument pas. L’autre est visiblement un adversaire de Belphégor, que je connais, mais uniquement de nom. En dehors des références que j’ai donc complètement ratées, j’ai bien aimé.

Les monstres de l’espace par Roman Leary : On a déjà eu droit à quelques histoires du Nyctalope en Amérique dans les précédents tomes, et généralement, j’aime bien. Le côté tragique et la recherche de rédemption du personnage m’attirent. C’est encore le cas ici, où l’on trouve dans le mélange d’humain et d’inhumain des monstres de l’espace un bon reflet de ce conflit intérieur qui agite le Nyctalope.

Voilà ce qu’il en coûte de faire des affaires par Frank Schildiner est une leçon classique pour une rencontre entre « méchants » venus de divers horizons, au profit bien sûr des plus anciens qui trouvent moyen de tromper les petits jeunes qui essayent de piquer leur place. Un peu trop transparent à mon goût, et il manque une explication.

La bataille de Steam Town par Travis Hiltz : on retrouve Léo Saint-Clair, le Nyctalope, face à des fourmis géantes, assez typiques des années 50. Malgré de bons passages, je préfère la précédente du Nyctalope, bien plus nuancée. Ici c’est juste de l’action et un mélange de personnages.

Nestor Burma au Far West par Joshua Reynolds : gros mélange avec Nestor Burma, Irma Vep et ses vampires qui se retrouvent à se battre quelque part dans le désert de l’ouest américain pour Vera Gemini, personnage tiré d’une chanson de Blue Öyster Cult et qui est par ailleurs incarnée dans l’univers Marvel.

L’oiseau de mort par Frank Schildiner est la suite, pas forcément directe, d’un certain nombre d’autres récits présents dans des tomes précédents et qui présentent les même protagonistes et antagonistes : un archéologue, Jean Kariven, et des extra-terrestres qui se livrent à une guerre secrète sur terre. Pas vraiment ma tasse de thé donc.

Les mémos Wayne par Xavier Mauméjean : biographie alternative des débuts du célèbre Batman, dans un univers où son apparition ne doit rien au hasard mais aux manipulation d’une expérience communiste qui vise à créer un super-héros capitaliste pour abattre les capitalistes. Amusant, tant qu’on ne prend pas l’histoire au sérieux, facilement déprimant sinon et si on se met à la place du pauvre Bruce Wayne.

Pour aller plus loin :

Critique des compagnons de l’ombre tome 1.

Critique des compagnons de l’ombre tome 2.

Critique des compagnons de l’ombre tome 3.

Critique des compagnons de l’ombre tome 4.

Critique des compagnons de l’ombre tome 5.

Critique des compagnons de l’ombre tome 6.

Critique des compagnons de l’ombre tome 7.

Critique des compagnons de l’ombre tome 8.

Critique des compagnons de l’ombre tome 9.

Critique des compagnons de l’ombre tome 10.

Critique des compagnons de l’ombre tome 11.

Le livre du jour : Notre Imogène par Charles Exbrayat

Verdict : assez bien

Nous sommes dans le cinquième roman de la série avec ce livre de 1969. La formule de la série semble avoir un petit peu évoluée, et c’est tant mieux, puisque nous ne suivons plus ici directement l’héroïne, Imogène, mais à la place un inspecteur qui doit enquêter sur un meurtre dans le village de Callender, où vit la célèbre rouquine.

Il a fallu six ans à Exbrayat pour reprendre son personnage, et moi il m’a fallu près de quatre mois depuis le précédent pour enfin me mettre à celui-ci, et pour ma part en tout cas, un tel délai était certainement du à une certaine lassitude, la formule Imogène semblant en grande partie épuisée, avec une enquête inexistante et des gags qui devenaient répétitifs. C’est donc une bonne chose qu’Exbrayat ait décidé de la modifier un petit peu, quitte à changer au passage notre perception de l’héroïne, qui perd pas mal de sa naïveté en perdant son statut de personnage offrant son point de vue. C’est bien naturel après tout, le roman policier reposant souvent sur le principe d’une énigme, il faut que le personnage qui offre son point de vue ne la révèle pas.

Il doit donc être soit mystérieux, taiseux, soit naïf. Un couple avec les deux fonctionne d’ailleurs très bien. Imogène peut donc surprendre le lecteur en passant en arrière plan, et le nouveau naïf est l’inspecteur que nous suivons, qui, en bon policier professionnel, refuse de croire une amatrice. Elle aura forcément raison.

Pour la première fois nous avons donc une Imogène qui ne résout pas son enquête par pur accident, mais par ses déductions, par compétence ! Oui, c’est bien pour cela que je parle de dénaturer la formule.

Sur le fond, on reste sur du Charles Exbrayat : un roman policier où le coupable est forcément dans les personnages connus, même si ce n’est pas un vrai huis clos, avec des révélations surprises, de l’amour et d’autres sentiments forts, avec une grosse dose de comédie.

Callender, village écossais, a désormais tout du village gaulois d’Astérix, je l’évoquais déjà la dernière fois, avec ses habitants sympathiques mais butés, bagarreurs et caricaturaux. Ils vivent dans une autre réalité, une dans laquelle être un mauvais père ou un mauvais mari n’est pas si grave et où tout finit généralement bien.

Ce côté un peu gênant présent dans les précédents tomes, avec un mari qui met régulièrement une trempe à sa femme par exemple, devient ici bien plus léger. Le réalisme disparaît au profit de l’humour et puisque l’ensemble du village s’accorde sur l’absurde, il ne reste au lecteur qu’à l’accepter et en rire. Le père d’Imogène n’est plus mort d’une cirrhose, conséquence malheureuse mais réaliste d’un alcoolisme visiblement congénital, mais parce qu’il avait bu du whisky irlandais et non du scotch, ce que son corps de highlander n’a pas supporté.

Petit à petit la série s’est décalée, nous avions commencé avec un personnage caricatural, qui était drôle car en conflit avec la réalité. Nous avons ici l’inverse, un seul étranger qui bien que naïf et mauvais policier, continue de suivre les règles « normales » de notre monde, et se retrouve face à tout un village d’illuminés. Le contraste crée toujours le rire, mais il s’est inversé.

Pour aller plus loin :

Le quatre précédents romans de la série sont : Ne vous fâchez pas, Imogène, Imogène est de retour, Encore vous, Imogène et Imogène vous êtes impossible. Tous par Charles Exbrayat. Il en reste encore deux à venir.

Pile à lire Janvier 2022

À ce jour en romans et essais :

  • Malfaiteurs du Paris des merveilles par Pierre Pevel et autres (grrr)
  • Le nouveau réalisme scientifique par Eftichios Bitsakis (entamé)
  • Reasons and persons par Derek Parfit (entamé)
  • Dinotopia The world beneath par James Gurney
  • Goliath par Scott Westerfeld (à acheter)
  • The deer and the cauldron second book par Louis Cha (à acheter)
  • Felifax tome 2, Londres en folie (à trouver)
  • Les compagnons de l’ombre tome 12 par Jean-Marc Lofficier
  • Moby Dick par Herman Melville
  • Le monde jusqu’à hier par Jared Diamond
  • Le Docteur Fu Manchu par Sax Roehmer
  • L’aiguille creuse par Maurice Leblanc
  • Au cœur de la terre par E. R. Burroughs
  • Trolls et Légendes : Anthologie officielle
  • Les 1001 nuits tome trois
  • Pas de chewing gum pour Pataugas par Mik Fondal
  • Le proche orient de pompée à Muhammad par Catherine Saliou (entamé)
  • Les mines du roi Salomon par Henry Rider Haggard (relecture)
  • Le baptème du feu par Andrzej Sapkowski
  • La route de l’or par Scott O’Dell (relecture)
  • Joseph Balsamo par Alexandre Dumas
  • La rose blanche par Glen Cook
  • Les voyages de Gulliver par Johnattan Swift (relecture)
  • Beyond the great south wall par Frank Savile
  • Napoléon par Jean Savant
  • François Premier par André Castelot
  • Les fiançailles d’Imogène par Charles Exbrayat
  • Guerre & Dinosaures par Victor Milan
  • Les démons du roi-soleil par Gregory Keyes
  • Le dragon à la frontière par Gordon R. Dickson
  • Les chroniques aztèques par Aliette de Bodard
  • D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac par Paul Féval Fils
  • La peur du sage (première partie) par Patrick Rothfuss
  • Winter is coming par William Blanc
  • Fantomas par Pierre Souvestre et Marcel Allain
  • 120 rue de la gare par Léo Malet
  • Pietr le Letton par Georges Simenon
  • Les lames du Cardinal par Pierre Pevel (relecture)
  • La dame aux artifices : un roman d’aventure steampunk par Adina Shelley
  • La machine à remonter les rêves par Johan Heliot
  • La horde du contrevent par Alain Damasio
  • Royaume de vent et de colères par Jean-Laurent Del Socorro
  • Le bossu par Paul Féval
  • Judex par Arthur Bernède
  • Les hauts de Hurle-vent par Emily Brontë
  • Le fiel par Mathieu Gaborit
  • Utopia par Thomas More
  • Le docteur Ox par Jules Verne
  • La race future ou la race à venir par Edward Bulwer Lytton
  • Tarass Boulba par Nikolai Vassilievich Gogol
  • Sortilèges et malédictions par Claudia Gray
  • Le club des cinq et le passage secret par Enid Blyton (relecture)
  • L’homme truqué par Maurice Renard
  • Hypérion par Dan Simmons
  • American Gods par Neil Gaiman
  • La maison des grenades par Oscar Wilde
  • Cyberpunk par Bruce Bethke
  • Faust par Goethe
  • Eric le magnifique par Serge Dalens
  • Dernier contes par Edgar Allan Poe
  • L’œuvre fantastique par Théophile Gauthier
  • Great Streets par Allan Jacobs (à acheter)
  • La femme du bois par Merritt Abraham
  • Cosmogonies par Julien d’Huy
  • Les mystères de Kiosche épisode 2 par Benjamin Lupu
  • The falling machine par Andrew P. Mayer
  • Malpertuis par Jean Ray
  • L’instinct de l’équarisseur par Thomas Day (entamé)
  • La solution à 7% par Nicholas Meyer
  • Le chien des Baskerville par Arthur Conan Doyle (relecture)
  • All your yesterdays

BD, mangas, comics :

  • Ekho tome 2 et +
  • Mouse guard (entamé)
  • League of extraordinary gentlemen (tome 3 et +)
  • Squirrel Girl (entamé)
  • Garde national
  • Dragons et poison
  • Aspic Détectives de l’étrange tome 5 et +
  • Bernard Prince tome 3 et +
  • Les reines de sang Aliénor la légende noire tome 1 et +
  • Le garage hermétique par Moebius
  • Jour J tome 33 et +
  • Blacksad tome 1 et +
  • Bob Morane tome 1 et +
  • La chronique des immortels tome 2 et +
  • Holmes par Brunschwig/Cecil tome 3 et +
  • Infinity 8 tome 1 et +
  • Tigresse blanche tome 1 à 4
  • La caste des Métabarons tome 4 et + (relecture)
  • Wampus
  • Freaks’ Squeele tome 2 et +
  • Les dirigeables de l’Amazone
  • La colère de Fantômas tome 2 et +
  • Atalante tome 2 et +
  • Luuna tome 1 et +

Films à regarder

  • John Wick 3
  • La cité des enfants perdus
  • L’étrange histoire de Benjamin Button
  • Soleil vert
  • Vol au dessus d’un nid de coucou
  • Le faucon maltais
  • Underworld
  • Machete
  • Fire and Ice
  • The Abyss (re-visionnage)
  • Le retour de la panthère rose
  • Le seigneur des anneaux, Les deux tours (re-visionnage)
  • Blade (re-visionnage)

Série à regarder

  • Le tour du monde en quatre vingt jours (épisode 5 et +)
  • Sherlock Hound (épisode 13 et +)

L’art est aisé mais la critique est difficile

La citation originale, expression créée par le comédien Philippe Néricault au XVIIIe siècle (d’après ce que j’ai pu trouver en tout cas), dit bien entendu le contraire, et essayant de créer autant que de critiquer, si ce n’est plus, je dois bien admettre que la critique, en tout cas, produit plus de volume chez moi. Mais peut être est-ce une question d’attentes ?

Voilà en tout cas un bon moment que je voulais parler de ce sujet. D’une part pour expliquer un peu, si ce n’était pas évident, quels critères j’applique pour mes critiques, puisque je donne tout de même un « verdict » pour chacune de mes critiques, même si il est très discutable. Et d’autre part parce que, oui étant professionnellement concerné et tenant un blog de critiques, je pense que la critique n’est pas aussi facile que ça.

Bien sûr tout le monde peut avoir un avis et dire « j’aime » ou « j’aime pas » et je ne prétendrais pas que mes propres critiques ont bien au delà de ça. Avoir prétention à une critique totalement objective dans un domaine qui dépend de l’art et du goût serait ridicule. D’autant que si il existe, partiellement, des critères objectifs, pour la majeure partie on les cherche encore, quand bien même il y aurait un consensus sur la qualité de certaines œuvres. Il faut beaucoup de mauvaise foi, et sans doute plus que cela encore, pour prétendre que Twilight est autre chose qu’un étron fumant, et pourtant, le première critère « objectif » par lequel on voudrait juger les deux séries, livres et films, qui est celui du succès, montre ici clairement ses limites puisque l’ensemble en a eu.

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », et pourtant on a beau savoir avec une certitude inébranlable que Twilight est mal écrit, non seulement au niveau du style, mais aussi au niveau de l’intrigue, des thèmes, de la caractérisation, et j’en passe, il peut quand même être difficile de l’expliquer à quelqu’un qui ne le verrait pas. Ce serait comme expliquer ce que sont les couleurs à un aveugle.

Quel intérêt même de définir si une œuvre répond ou non à des critères plus ou moins objectifs et de pouvoir affirmer qu’elle est bonne ou mauvaise, quand sa popularité prouve qu’elle est appréciée à défaut d’être bonne ? Quel intérêt donc à critiquer, tout simplement ?

Un certain nombre de mes objectifs, en commençant ce blog, étaient purement égoïstes : développer une bonne habitude d’écriture, en publiant un article par jour, développer un meilleur style à l’écrit, en alignant les phrases et garder mes lectures en tête en faisant des critiques qui me servent tout autant de fiches de lecture. Rien de tout cela ne justifie l’existence de lecteurs de ce blog, et si ce n’était que ça, j’aurais pu tout aussi bien le garder privé, sur mon disque dur, et ne rien publier en ligne. Car mettre mes articles en ligne a le désavantage de prouver à tous que je suis tout aussi maladroit dans mon style qu’illettré puisque je laisse passer de grosses fautes en écrivant et fainéant puisque je ne me relis pas.

Pourtant il y a un certain désir mémétique chez l’être humain, de passer sa culture, et sa culture comprend ses goûts et ses dégoûts. Un désir qui est à la fois égoïste, puisque mémétique, mais aussi altruiste, puisqu’en recommandant les œuvres que j’aime, j’ai aussi le désir de les partager avec mes lecteurs, et donc signaler à ces derniers une source de plaisir intellectuel; Et à l’inverse, en signalant les œuvres que je juge mauvaises, j’essaye d’éviter des déconvenues à d’autres personnes. C’est pourquoi j’ai tant de verdict « passable » ou « assez bien », c’est à dire des œuvres qui n’ont pas vraiment été pour moi de bons moments, pas comparées à d’autres en tout cas, mais pour lesquelles je ne peux pas dire non plus que j’ai passé un mauvais moment.

En dehors de mon désir de partager mes goûts, une autre (bonne) raison de proposer mes critiques est que j’estime avoir un peu plus à offrir que dire simplement j’aime ou je n’aime pas. Parce que je ne suis pas complètement à la ramasse en ce qui concerne l’écriture d’une bonne intrigue, parce que je ne m’intéresse pas qu’au côté consommateur mais aussi au côté auteur, quoique je ne prétende pas en avoir autant à offrir sur le sujet que d’autres bien plus cultivés, mais surtout parce que j’ai la vanité de croire que je possède au moins une qualité : celle de ne pas trop me mentir à moi-même.

Et je crois que si il existe une explication à cette énigme qui fait que certaines œuvres assez mauvaises, ou terriblement mauvaises même, connaissent un grand succès, c’est, je crois, cette capacité très forte que nous avons à nous mentir à nous même. Capacité qui ne fait que se renforcer dans une société où l’on a banni l’idée d’avoir tort.

Lorsqu’une œuvre, un film ou un jeu vidéo surtout, mais ça peut fonctionner pour un livre, nous en met plein les yeux et qu’elle délivre un plaisir facile et immédiat, notre opinion se cristallise trop facilement pour ne plus changer. C’est comme ça qu’on en vient à considérer les films potables du MCU comme des merveilles, parce que sur le coup, c’était excitant, les effets spéciaux étaient excellents, on ne s’est pas ennuyé et que demander de plus ? Une histoire qui tient debout quand on y réfléchit plus de cinq minutes ? Non, cinq minutes de réflexion c’est déjà trop. On apprécie tout de suite, et après plus moyen de changer d’avis.

Même en essayant d’en tenir compte je réalise pourtant que le temps écoulé entre ma consommation et ma critique peut jouer fortement dans mon impression. Et un certain nombre de notes que j’ai attribuées seraient sans doute revue à la baisse si je devais repasser dans ma critique six mois plus tard. Peut être que, dans l’autre sens, j’ai parfois été trop dur avec certaines notes.

J’essaye quand même d’écrire mes critiques à froid. Le film Kaamelott, récemment, m’a bien rappelé quelques déconfitures de jeunesse, les préquelles Star Wars, ou Indiana Jones IV, des films dont je suis sorti déçu, mais pas trop, et pour lesquels il m’a fallu des jours pour réaliser à quel point ils étaient mauvais. En reprenant cet exemple, est-ce que, quatre mois plus tard, j’estime toujours que le film Kaamelott était assez bien ? Non, il a des qualités visuelles, deux ou trois gags qui passent bien, une ou deux scènes avec de l’émotion par dessus, mais dans l’ensemble il faut être honnête, c’est un film assez mauvais. En le regardant j’ai surtout trouvé du plaisir à me replonger dans l’univers d’une série que j’adore et considère comme parmi les meilleures. Et cette note de « assez bien » correspond à ça : un plaisir subjectif, personnel.

Comme quoi, bien que je me prétende capable d’offrir un peu d’objectivité, il faut bien garder en tête que mes critiques restent, pour une bonne part, une question de goûts.

Le film du jour : Porco Rosso par Hayao Miyazaki

Verdict : très bien

Film d’animation du studio Ghibli de 1992, Porco Rosso est l’un de ces films dans lesquels Hayao Miyazaki adresse sa passion pour les merveilleux fous volants et leurs drôles de machines. Le film se situe en effet dans les années 20, époque héroïque à laquelle les pilotes d’avions sont encore des pionniers et les avions eux-mêmes des créations presque uniques et non des produits manufacturés. Certes la Grande Guerre est passée par là, qui a vu l’aviation prendre beaucoup d’importance dans les conflits, mais on est encore loin de l’aspect industriel de la guerre suivante.

Bien que je n’ai aucun amour particulier pour les avions, contrairement à beaucoup d’hommes qui ont rêvé, enfant ou plus tard, de devenir pilotes, Top Gun m’ayant laissé personnellement plutôt froid, j’ai un certain goût pour ces technologies balbutiantes, où l’astuce et le talent d’un seul peut faire toute la différence et cette époque m’attire bien plus que les années suivantes ne peuvent le faire. Sans partager la passion du réalisateur, je peux, un peu, la ressentir. Et puis, on ne parle pas de n’importe quel réalisateur, Hayao Miyazaki ayant produit son lot de chefs-d’œuvre, et même le plus « mauvais » film que j’ai vu de lui restait agréable à regarder.

Quand aux meilleurs d’entre eux, ils sont pour moi, parmi les meilleurs films tout court.

Un bon réalisateur qui s’engage sur un sujet qui le passionne est généralement un gage de qualité, quand d’autres contraintes ne viennent pas tout gâcher, et à ma connaissance ce ne fut aucunement le cas ici. Le résultat est donc tel qu’on pouvait le prévoir : très bon. Même en en attendant le meilleur, la seule déception finalement fut de ne pas tomber amoureux du film. Sans doute parce que le sujet ne me passionne pas. Peut-être parce que le film dans son entier a un côté doux-amer et que je n’arrive pas à comprendre le pourquoi de certains choix.

Notamment celui de faire du personnage principal un cochon, ou plutôt un humain, devenu cochon humanoïde suite à une malédiction, et qui refuse, en gros, de redevenir humain. Il y a tout un lien symbolique avec l’évolution de l’aviation, le fait que Porco Rosso, le héros, soit l’un des derniers pilotes de cette génération héroïque, les autres étant morts, et lui même aurait dû mourir. Ce refus de changer est peut être un refus de mourir, de laisser la modernité détruire le romantisme. C’est ce qui l’empêche également de répondre à l’amour que lui portent deux femmes exceptionnelles malgré l’espoir qu’on peut avoir comme spectateur que tout finisse pour le mieux.

Et tout ne finit pas si mal, mais il y a des réalités contres lesquelles on ne lutte pas, même si cette « réalité » est ici une malédiction qui transforme un homme en cochon. Cela va sans doute de pair avec le lieu et le temps, puisque nous sommes en Italie dans les années, et que le fascisme menace. Tout nobles que soient les pilotes italiens, ils sont sur le point de servir une cause qui en est l’opposé. Quelque chose qu’un Japonais est sans doute bien à même de comprendre.

Bien qu’il soit italien, son nom et la couleur de son avion rapprochent Porco Rosso du célèbre Baron Rouge, allemand, mort en 1918 et dont le « culte » a été récupéré par les nazis. Ainsi Porco Rosso serait une version italienne de ce personnage, possédant réellement les qualités chevaleresques attribuées à tort au pilote allemand, et qui serait revenu à la vie, sous forme de cochon, pour empêcher les fascistes/nazis de s’approprier ses exploits.

Par contraste sans doute, les îles de la mer Adriatique où Porco Rosso est réfugiée sont dépeintes d’une façon presque idyllique. L’île même qui l’abrite est un rêve d’enfant, ou de pilote d’hydravion, avec son passage « secret », sa crique interne, abritée, l’eau transparente, le sable fin. Ça fait rêver.

Et le reste est à l’avenant. Ça rappelle l’île des morts, ceci dit.

L’intrigue, qui tourne autour d’un duel entre Porco Rosso et un autre pilote, peut rappeler les duels célèbres du moyen-âge entre chevaliers, dans le genre de celui de Bayard, célèbre aussi parce que l’époque voyait la fin de la chevalerie elle même, institution désuète, remplacée par une guerre moins artisanale, une guerre où le nombre de canons compte plus que la valeur d’un chevalier.

Ce n’est pas une comparaison nouvelle, mais je trouve qu’elle éclaire bien le film. Et l’on sait tous ce que sont devenus les chevaliers. Il y a donc un certain défi, mais aussi de la résignation dans l’attitude de Porco Rosso. Et c’est cette résignation qui fait, sans doute, que le film ne résonne pas tant que ça avec moi.

Pour aller plus loin :

Entre autres films du studio Ghibli, et d’Hayao Miyazaki, il y a Mon voisin Totoro, que j’adore et que j’ai déjà critiqué ici. D’autres viendront.

Toute cette ambiance de pilote d’hydravion, de petites îles, de pirates de l’air, se retrouve dans la série Super Baloo de Disney, qui date d’une paire d’années plus tôt, et une ambiance similaire se retrouve dans Archer saison 9. Dans ces deux cas on est toutefois plus sur la fin des années 30 que sur les années 20, ce qui se voit déjà au niveau des avions utilisés.

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