Le livre du jour : Le baron noir * 1864 par Olivier Gechter

Verdict : très bien

Le baron noir : l’ombre du maître espion est un roman court paru en 2013. Il fut suivi de Bel-ange, l’année suivante, un autre roman court situé dans le même univers et partageant les mêmes personnages, en grande partie, et en 2017 paru donc Le baron noir * 1864, regroupant ces deux textes plus un troisième, La bataille de Cherbourg, un peu plus long, toujours avec en protagoniste ce fameux Baron noir, accompagné de ses amis et alliés. Bien que l’étoile du titre et la date laissent sous-entendre qu’il pourrait y avoir de futurs ouvrages dans la collection, pour le moment rien n’a été publié, ou presque.

J’ai récemment eu le tort, ou pas, de faire un tour sur le site des éditions Mnémos, ce qui m’a donné envie d’acheter plein de choses. Restant raisonnable je me suis contenté d’ajouter deux ou trois livres seulement sur ma liste de cadeaux, et j’ai donc reçu quelques jours plus tard ce beau livre, en version papier et non numérique comme la couverture ci contre l’indique, mais trouver une illustration de ce livre se révèle difficile.

Bon le support est sympa, la couverture bien rigide et épaisse, à l’ancienne, mais pas non plus extra-ordinaire. L’illustration a cependant contribué à mon désir et je la trouve assez sympa. On voit d’ores et déjà qu’il s’agit de steampunk. Il s’agit également, comme beaucoup de livres steampunk, d’une uchronie, qui remonte à la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV, n’ayant pas eu lieu ici, avec un certain nombre d’autres changements mineurs qui nous mènent à une situation où la France de 1864 n’est pas deuxième ou troisième puissance mondiale, mais bien la première, en lieu et place de l’Angleterre, et dans laquelle Napoléon III n’est pas devenu empereur mais est resté président de la seconde république, aussi peu démocratique soit elle.

Quand au titre, le baron noir, il renvoie d’un côté au chevalier noir, surnom connu de Batman, et aux barons du rails puisque le héros est un jeune industriel français, héritier d’une fortune colossale, dont l’entreprise est spécialisée dans les moteurs à vapeurs et en particulier les dirigeables, et qui revêt un costume noir de super héros pour aller combattre le crime dans les rues de Paris, la nuit. Costume agrémenté de pas mal de gadgets à vapeur, et qui le rapproche peut être plus d’Iron Man que de Batman, mais je chipote.

Malheureusement, en un sens, ces prémisses sont rapidement épuisées et cette promesse qui nous est faite d’un Batman steampunk et français, quasiment un retour aux origines en fait, n’est pas vraiment tenue puisque dans la première histoire le héros se débat avec un costume pas fini, et dans la troisième il ne passe quasiment aucun moment en costume, un de ses compagnons l’utilisant au final plus que lui. Seule la deuxième histoire pourrait donc correspondre au cœur de ce qui nous est vendu, à une routine de super héros, sauf que la base arrière du héros finie en fumée et qu’on pourrait donc difficilement qualifier cet épisode de « routine ».

C’est l’inconvénient en général dans toute histoire qui se prête bien à un format en série, comme les histoires de super-héros, et qui est adapté en film ou roman : on a toujours droit à une grosse introduction, et à peine la routine est-elle établie qu’un gros évènement vient tout chambouler. Finalement l’accroche qu’on nous vend passe souvent sous la forme d’une simple séquence montage ou l’équivalent. Ça me frustre parfois.

Malgré ce léger défaut, j’ai dévoré les deux premières histoires de ce livre, et la troisième également, bien que un peu moins. Nettement plus longue, elle se perd un peu et devient un peu répétitive avec tentative d’évasion, échec, re-tentative, re-échec, et intervention extérieure enfin … c’est du remplissage, et aussi une faiblesse au niveau de l’intrigue puisque l’antagoniste se met à agir comme un imbécile pour permettre aux héros de s’en tirer, ayant eu l’occasion de démontrer largement sa supériorité. Supériorité assez injuste d’ailleurs puisque le monde repose essentiellement sur une science steampunk, sauf celle de cet antagoniste qui semble bénéficier de magie ou quelque chose d’approchant, un avantage de toute façon hors contexte, qui fait un peu triche.

Les romans ne sont donc pas parfaits, même dans le genre assez léger de steampunk/aventure/espionnage qui est le leur, et ces quelques défauts sont un poil agaçant. L’ensemble est cependant très agréable, et correspond tellement à mes goûts, que je dois pinailler pour trouver à redire. Parmi mes découvertes récentes il s’agit sans nul doute du livre et de l’univers auxquels j’ai le plus accroché, malgré une qualité peut être objectivement inférieure à certaines autres œuvres, le plaisir de lecture était bien supérieur, comme quoi la littérature reste un art.

Pour aller plus loin :

Je ne connais aucun autre roman de l’auteur, je ne m’attends pas à les apprécier autant, car il s’agit d’univers différents, mais pourquoi pas ? Et il y a tout de même une petite nouvelle supplémentaire dans l’univers du Baron noir : Chapeau melon et homme en noir, gratuite apparemment, mais où la trouver ?

Une autre critique du même livre, sur un autre blog, est disponible ici.

Les éditions Mnémos proposent également, entre autres, la série du Bâtard de Kosigan, dont le troisième (en deux morceaux) m’avait un peu déçu, mais dont le premeir est vraiment excellent, et dans laquelle était également paru un recueil de nouvelles. D’autres me tentent pas mal.

3 commentaires sur « Le livre du jour : Le baron noir * 1864 par Olivier Gechter »

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