Le livre du jour : Freaks’ Squeele, tome 1 Étrange université par Florent Maudoux

Verdict : bien

Freaks’ Squeele est une série de sept BD dont la parution s’étale entre 2008 et 2015, BD est ici à prendre au sens large puisque nous sommes sur un produit moderne d’inspiration internationale et qui va donc chercher beaucoup du côté des mangas, des comics et de la culture américaine, dans un environnement pourtant bien français. Cette série est un petit à l’image de sa société d’édition, Ankama, créateurs du fameux (à l’époque) Dofus, et d’autres projets plus récents. La BD n’a toutefois, à ma connaissance, rien à voir avec les autres projets de la société, sauf dérivés bien sûr.

Je connaissais la série et l’avais feuilletée chez un ami, et il me semble avoir même offert un de ces tomes à mon frère, à sa demande, pour Noël, mais je ne m’étais jamais arrêtée pour la lire vraiment, malgré des visuels sympathiques. Jusqu’à il y a peu, les super-héros ne me parlaient pas trop de toute façon, et l’histoire de Freaks’ Squeele tourne autour d’une école de super-héros, comme My Hero Academia mais en mieux. J’ai pu récemment découvrir le premier tome, m’apercevoir que super-héros, tout comme BD est à prendre au sens très large, et que la début de cette histoire me plaisait bien. Du coup j’ai enchaîné toute la série et malheureusement le reste n’tait pas aussi bon, mais c’était sympa quand même.

C’est donc l’histoire d’un trio de perdants, inscrits à une université de super-héros alors qu’ils n’ont pas vraiment de pouvoir, derniers de la classe dans une université qui n’est pas très réputée à la base et qui vont vivre des aventures pendant leurs années d’étude.

Avec des inspirations mangas et comics on s’attend bien sûr à ce que les trois nuls deviennent super forts, et c’est ce qui se produira dès la fin du deuxième tome. Une des raisons pour lesquelles je préfère vraiment le début de cette série, le rythme, globalement, est très mal géré. Mais pas dans ce premier tome où on découvre vraiment les personnages, leur environnement, leur potentiel, et leurs ennemis ou en tout cas rivaux.

Il n’y a rien d’extraordinaire ou de vraiment innovant dans ce qui leur arrive, tout a déjà été fait de nombreuses fois, ne serait-ce que dans Naruto par exemple, mais ce mélange d’une base scénaristique très manga avec des « super-héros » qui vont plutôt chercher leur inspiration dans le gothique (loup-garou, succube, sorcière, …) donne une ambiance qui elle est assez unique.

Les références sont nombreuses, mais plus japonaises ou américaines que françaises, sauf pour les décors. On va retrouver par exemple Sean Connery en doyen d’une fac concurrente, avec des photos de lui dans son costume de super-héros qui n’est autre que son costume de Zardoz, une référence pas trop obscure mais pas trop grand public non plus. Côté japonais on va surtout chercher vers les mangas, côté américain, vers le cinéma, mais je trouve dommage qu’en parlant d’une école de super-héros qui est, visiblement, située à Lyon, on ait absolument rien comme référence à la culture française des super-héros.

La série se veut clairement légère, au début en tout cas, avec de nombreux gags et du grand n’importe quoi comme un doyen d’université qui semble vouloir arnaquer les élèves plus que leur fournir une éducation, et invente des concours idiots, du très classique encore une fois, mais les tomes finaux remettent un peu ce n’importe quoi en perspective avec un contexte où ça a presque un sens.

Il y a régulièrement de bonnes idées dans les tomes suivants avec des histoires qui ont indépendamment de bons scénarios, mais sont mal reliées entre elles malgré une intrigue commune qui les rattache bien. C’est surtout une question de rythme encore une fois, les choses vont soit trop lentement, soit trop vite, mais jamais on arrive à se mettre un peu dans leur quotidien d’étudiant. Ça manque d’immersion. Ce premier tome est le seul, pour moi, où en trouve un peu, ce qui fait accrocher à l’univers. Dommage que tout ce qui est mis en place dans ce premier tome, ou presque tout, se trouve déjà résolu au milieu du troisième.

D’un côté c’est rafraîchissant de voir que tout n’est pas étiré et gardé pour la fin. Les tensions amoureuses qui s’éternisent par exemple, ça peut être pénible, et devenir irréaliste. Mais là c’est exagéré dans l’autre sens. Dans un chapitre l’un se languit de l’une, alors qu’ils vivent ensemble, isolés pendant deux ans (pour eux) dans un lieu où le temps est accéléré et rien ne se passe. Quelques chapitres plus loin, les vacances d’été sont expédiées, et paf elle expédie avec une autre relation amoureuse et tombe dans les bras de l’autre protagoniste.

On est pris à contre pied, et ce n’est pas satisfaisant.

Niveau scénario donc, du potentiel, de bonnes idées, souvent mal exploitées. Niveau visuel par contre, c’est très sympa. On a une alternance de pages colorées (un chapitre par livre ?) et de noir et blanc et tout est bon, surtout le noir et blanc, bien plus recherché que ce qu’on va trouver dans un manga moyen.

L’auteur vient de Lyon et son université y est située, mais dans une version gothique et fantastique de la ville, et les décors (quand on peut les voir) sont un gros plus de la série. Il est aussi agréable d’avoir deux héroïnes qui sont toutes deux canon, mais avec des corps nettement différents. D’autres personnages secondaires apportent encore plus de variété. Bien souvent en BD ou en manga les hommes peuvent avoir des types de corps très différents, mais pas les femmes.

Pour aller plus loin

Bien que la série se termine un peu brusquement avec le tome 7, l’auteur ne se sentant plus de raconter des histoires de faculté apparemment, il existe plusieurs séries dérivées :

Funérailles, centré un personnage secondaire, et qui se passe dans un autre monde.

Rouge, qui donne plus de détails sur l’une des trois protagonistes de la série principale.

Kim Trauma, … sur l’infirmerie de l’université (?!)

Vestigiales pour adultes, et d’autres encore …

3 commentaires sur « Le livre du jour : Freaks’ Squeele, tome 1 Étrange université par Florent Maudoux »

  1. Merci pour les liens 😉.
    J’ai egalement eu du mal a accrocher complètement à la serie mère qui semble calibree young adult. Funerailles est a mon sens beaucoup plus solide bien que reprenant les themes de l’auteur. Kim trauma est un spin off directement rattaché a FS.

    Aimé par 1 personne

      1. Pas du tout le meme public. Funerailles est bcp plus de la steampunk-fantasy avec l’esprit destroy de Maudoux. Il n’est pas clairement dit que ce n’est pas le meme univers et niveau personnages c’est une vraie prequelle meme si FS est dans une atmo contemporaine.

        Aimé par 1 personne

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