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Le livre du jour : L’appel de Cthulhu par H. P. Lovecraft et Gou Tanabe

Verdict : très bien

L’appel de Cthulhu est une nouvelle de H. P. Lovecraft, parue en 1926 et qui a donné son nom à toute une mythologie construite autour des récits de Lovecraft, ainsi qu’à un jeu de rôle, entre autre. Bien que le dieu Cthulhu lui même ne soit pas si présent dans l’œuvre de l’écrivain, il est devenu le symbole de celle ci et au delà même un personnage hyper connu de la culture populaire. Gou Tanabe est un mangaka qui réalise des adaptations de différents textes de Lovecraft, et en 2018 il a finalement réalisé l’adaptation de cette nouvelle, sortie en 2020 en France.

Bien que je sois assez dubitatif à l’encontre de toute adaptation visuelle des textes de Lovecraft, (après tout un de ses adjectif préféré est « indicible » et comment représenter ce qui est indicible ?) les adaptations de Gou Tanabe ont une bonne réputation, et, ma fille étant fan de manga, c’est aussi l’opportunité de tenter de partager avec elle quelque chose que j’aime et qu’elle pourrait aimer aussi.

Un peu en vain pour le coup, mais ça m’a permis de découvrir et d’apprécier cette version manga plutôt réussie d’un texte qui est, à la base, exceptionnel.

J’avais déjà relu la nouvelle il y a peu, et j’en vais fait une critique … qui ne parlait pas tant de la nouvelle elle-même que de l’univers de Lovecraft en général. Revenons donc un peu sur le texte pour dire qu’il s’agit, selon moi, d’un des meilleurs textes de Lovecraft. Raison pour laquelle, sans doute, Cthulhu s’est retrouvé à la tête de son panthéon. La nouvelle est courte, mais elle nous permet tout de même de suivre une enquête menée par le protagoniste qui va combiner trois histoires différentes, et faire des rapprochements qui le mènent à craindre pour sa santé mentale, et pour sa santé tout court car on parle ici d’un grand complot mondial.

Ok, le côté complot ne s’intègre pas totalement avec le reste, et je ne suis pas super fan de cette partie là, mais l’enquête à la fois criminelle, psychologique, mystique et archéologique qu’il mène est une belle réussite et c’est toujours un plaisir de replonger dans cette histoire, et de voir l’Horreur se révéler, petit à petit.

Et en image ça fonctionne aussi bien, voir mieux pour certains passages. En réalité, vu la faible longueur du texte, je trouve que l’adaptation graphique serait parfaite si ce n’était pour les passages les plus horrifiques, ceux qui me rendaient dubitatif avant de commencer ma lecture. Quand le protagoniste, qui est aussi le narrateur, parle d’horreurs qu’il ne peut pas décrire, le ressenti est plus fort en faisant appel à l’imagination, plutôt qu’en étant forcé de leur donner forme sur papier. Qu’on parle d’une architecture qui n’est pas de ce monde, ou du dieu Cthulhu lui même. J’aimais encore bien les couvertures des jeux de rôles, en tout certaines, qui suggéraient les monstres et n’en montraient qu’une petite partie, sans en faire de représentation complète, puisque leur vue seule suffit à faire plonger les esprits les plus faibles dans la folie.

Mais pour un récit complet, Gou Tanabe doit montrer l’immontrable, ce qui forcément déçoit toujours un petit peu.

Je dois reconnaître qu’il fait un excellent travail, et que sur l’idole par exemple, une figurine réalisée par des cultistes à l’image de leur dieu Cthulhu, je suis totalement convaincu par ce qu’il propose. L’idole est après tout une réalisation humaine et je n’ai donc aucune peine à croire que sa représentation pourrait être cette statuette fabriquée par des mains humaines. Elle est même très inspirée. Mais dès qu’on passe à quelque chose d’inhumain, d’incompréhensible à nos cerveaux, rien ne peut être suffisant.

Démonstration

A moins qu’on me trouve réellement un artiste dont les œuvres plongeraient le spectateur dans la folie, mais j’attends encore la preuve qu’une telle chose existe.

Dans la mesure du possible le travail de Gou Tanabe est donc très bon, et il rend bien justice au texte, mieux que je ne m’y attendais même. D’autant que la présentation du manga est vraiment sympa avec une couverture simili-cuir qui colle parfaitement à l’ambiance. Pour autant mon impression initiale a été confirmée et je crois donc toujours que ce genre de récit conviendra toujours (un peu) mieux à un texte qu’à quelque chose d’imagé, manga, BD ou film.

Pour aller plus loin :

Gou Tanabe n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a adapté un total de six textes de Lovecraft à ce jour (en sept volumes), en plus d’un recueil largement inspiré de l’écrivain et quelques séries plus personnelles.

François Baranger propose lui aussi une adaptation graphique de cette nouvelle, dont la version collector est sortie il n’y a pas un mois, et elle a l’air sympa (clin d’œil, coup de coude).

Il reste bien sûr toute la mythologie de Cthulhu, créée par Lovecraft à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas.

2 commentaires sur « Le livre du jour : L’appel de Cthulhu par H. P. Lovecraft et Gou Tanabe »

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